Le Rob Zombie nouveau, déjà présenté à Sundance et au BIFF, sortira le 16 septembre sur sol US (et probablement en VOD dans le même temps). Baptisé 31, il marque le retour aux ambiances 70's redneck en suivant un groupe de jeunes individus pris dans les rouages d'une secte pratiquant le Monde du Crime, vaste chasse à l'homme de 12h la nuit d'Halloween...
Enième ramification de l'hydre Anselmo, Scour, projet black-métal old school vient de sortir son premier EP en écoute intégrale via Soundcloud. Il va sans dire qu'il s'agit d'une dinguerie.
Nouvelle série HBO, prévue pour octobre 2016, avec un binôme J.J. Abrams et Jonathan Nolan aux manettes, remake du film culte de Crichton avec Yul Bruner, Westworld suivra les péripéties d'humains participant au Westworld, immense parc d'attraction récréant l'Ouest avec des robots... plus ou moins hostiles. Anthony Hopkins, Ed Harris, Evan Rachel Wood et James Marsden en sont les principales têtes d'affiche.
J'entends murmurer "ils ont vendu moins de 400 billets, du coup c'est au Club". C'est ma première fois donc je pige pas, je connais pas les lieux. Explication rapidement expliquée: la grande salle est fermée et le concert aura lieu sur une petite scène accolée au bar. Esprit Club. Lorsque tu vas voir ton groupe de rock préféré, au premier rang, avec ta bière posée sur scène à côté des retours, tu te dis "là, on est pas mal..." Tu peux lécher les amplis en guise de préliminaire avant qu'ils ne te fistent les oreilles, tout est plus intime. Anton sort dans mon dos, personne ne l'aperçoit à part moi, la salle étant plus rempli d'habitués que d'initiés. Je lui fais signe, il me répond. J'ai pas encore entendu une note de musique mais ça m'a déjà fait la soirée. Groupie. S'en suit deux heures et demie de rock psyché tantôt saturé, tantôt velvetien. Du bonheur en barre comme à chacune de leur prestation. Un mur de son, un son qui pénètre l'âme et fait voyager au vrai sens 70's du terme. Une expérience. Un voyage. Anton Newcombe et les siens sont des magiciens. Joel Gion, qui a l'air de s'emmerder à mourir, a un sens du rythme unique et finit par se chauffer grâce au vin blanc de chez nous. Newcombe, désormais sobre et abstinent, n'a plus besoin de dérivés pour planer, même affaibli par une crève chopée sur Paris "au contact des supporters et des joueurs de foot", il reste un pur génie ignoré, la fusion parfaite entre un Dylan et Morrison. Ce groupe mériterait d'être idolâtré dans des stades. En fait non, on est mieux comme ça, entre nous, ma bière désormais vide sur un coin de la scène. Le BJM, c'est sous-terrain à l'undergound, ça se mérite.
A tête enfin reposée, il est l'heure du bilan pour cette édition 2016 du Hellfest. Encore une édition énorme, avec un temps pas si pourri que ça. On a eu moins chaud que l'année dernière et il n'a plu qu'à de rares occasions et à des moments où je squattais les chapiteaux. Je lis ici ou là qu'il y avait trop de monde cette année, que la circulation était difficile, qu'il y avait la queue partout. Question de ressenti. C'était chaud pendant Rammstein et il y avait du monde au cashless et au merchandising le vendredi. Comme d'hab. Comme dit Barbaud dans son communiqué-bilan, c'est l'effet pénurie d'essence, tout le monde se précipite ou anticipe sans raisonner. Le cashless, j'avais anticipé sur le web avant mon fest. Et le merchandising, j'y vais le samedi matin lorsqu'il n'y a plus personne. Braves moutons.
Et la musique dans tout ça? Stoned Jésus, Wo Fat, All pigs must die, Behexen, Mass Hysteria,
Anthrax, Earth, Inquisition, Melvins, Magma, Dropkick Murphys,
Rammstein, The Offspring, Otargos, Hangman's Chair, Myrkur, Glenn
Hughes, Cattle Décapitation, Agoraphobic Nosebleed, Fleshgod Apocalypse,
Entombed AD, Asphyx, Moonsorrow, Hermano, Primordial, Fu Manchu, Korn,
Stonebirds, Nightmare, Municipal Waste, Orphaned Land, King Dude, No one is innocent,
Tarja, Gojira, Blind Guardian, Slayer, Amon Amarth, Megadeth, Ghost,
Black Sabbath et King Diamond. 42 concerts en 3 jours.Une édition riche et variée. Avec des gros pains dans la gueule: le show de Rammstein, assez unique tout genre confondu, de bonnes tueries avec Asphyx et Entombed A.D, des plaisirs d'ados enfin comblés avec Slayer et Megadeth, Mass et No One qui envoient du lourd, Ghost qui prend vraiment son envol et qui est amené à devenir très grand. 42 concerts, ça fait beaucoup, la fatigue m'a fait sortir de certains concerts pourtant excellent, c'est un peu le problème de faire ce festoche en mode panzer. C'est assez difficile et frustrant de se gérer ou de sacrifier des sets aux bénéfices d'autres.
Mention spéciale au "réaménagement" de la Warzone: une dinguerie avec esplanade et statue à la mémoire et à la gloire de Lemmy, décors de prison à faire passer Walking Dead pour un Bollywood cheap. Du gros boulot pour désengorger le point noir du festival jusqu'à présent.
Que dire de plus? Que l'édition 2017 aura lieu du 16 au 18 juin. Et que je vais vous laisser tranquille jusqu'en septembre avant de teaser comme un diable jusqu'à échéance. Comme chaque année, les lives sont disponibles sur Arte. Ma préférence allant aux bootlegs faits par les fans pour les fans, je vous ai posté l'intégrale du concert de Rammstein juste au-dessus.
Un troisième extrait du nouvel abum (Slow Forever, disponible le 25 mars) est écoutable ici ainsi qu'un entretien fleuve avec Charlie Fell, nouveau chanteur du groupe.
Suite aux événements récents, nous sommes aux regrets de vous
annoncer que DOWN est contraint d’annuler sa venue au Europe et ne
participera pas au Hellfest 2016. En remplacement, nous sommes heureux
de vous proposer le groupe PUSCIFER (Featuring James Maynard > le
chanteur de Tool ). Les Puscifer
se produiront sous la Valley le dimanche 19 juin et FU MANCHU
basculeront quant à eux le Samedi 18 en Headliner. Nous vous tiendrons
bientôt informé de tous les horaires de passages. Restés connectés.
Nous tenions encore à tous vous remercier pour le grand soutien que
vous avez apporté au festival face à sa prise de choix dans l’affaire
Anselmo ! Ci-joint le communiqué de l’artiste :
"Dearest Ben- Philip H. Anselmo here Brother...
First, and foremost, there is NO WAY I can possibly thank you enough
for "fighting the good fight" for me, and ALL of my bands, namely Down
in this instance. Your love & backbone will never be forgotten, and
from this point on through the rest of my fighting life, I owe you
every ounce of praise!
My AWFUL mistake has taken a toll on my
reputation, and justly so! However I must point out, you damned-well
KNOW ME better than this drunken incident could ever describe.
Hellfest is my heart!!!
And my embarrassment is tremendous, because I only have LOVE for people all over this skirmishing earth.
So my brother, it fucking rips my heart into further pieces to let you
know, I don't think I should do ANY Euro festivals this year.
So
PLEASE I BEG YOU, give me this time to get my brain clear, and to come
back (if you will have me back) next year my brother, I implore you!
Plus, the re-emergence of the knee injuries have been plaguing me of
late as well, so I must address this too, through physical
rehabilitation & rest.
Knowing my character, when I put my
mind to something THIS DIRE, I come back 100-times better, and THAT'S
what the Mighty Hellfest deserves!!!
My love for you & the rest of the gang that makes Hellfest THE TOPS, goes on and on and on...
Much love & respect-
Philip H. Anselmo (and the H. stands for HEALING)"
Que vaut le Coen Bros 2016? Un film des frères Coen, c'est toujours délicat à évaluer tant leur filmographie regorge de rupture de ton en tout genre. C'est un peu comme pour Woody Allen. Il y a les Allen drôles, les cyniques, les musicaux, les légers, les mauvais, les tout à la fois. Prenons mon top 3 des Coen: Fargo, No Country For Old Men et The Big Lebowski. On reconnaît les Coen dans les 3 et pourtant ils sont tous différents: ils regorgent de lapins crétins mais certains sont drôles et d'autres terrifiants. Plus je m'explique, moins vous comprenez? C'est normal, les choses ne sont jamais si simples chez les Coen. Dans Hail, César, les Coen plongent dans le Hollywood rutilant de l'âge d'or du cinéma: les studios sont tout puissants, les stars brillent de mille feux. Pas de Twitter, pas de scandales, tout est sous contrôle. C'est l'âge d'or du politiquement correct. Et le garant du système est incarné par Josh Brolin, à mi-chemin entre le détective de Chandler et l'homme de main bureaucratique. Il veille aux grains et résout tous les problèmes: entre la presse et les studios, entre les acteurs et les metteurs en scène. Et voilà qu'au beau milieu des caprices des uns et des autres, il se retrouve avec une histoire de kidnapping et de rançon, de maître-chanteur, le tout sous fond de guerre froide et de Maccarthysme. Le kidnapping et la rançon, c'est un gros fil rouge chez les Coen, d'Arizona Junior à Fargo en passant par The Big Lebowski. Et lorqu'il n'y a pas kidnapping, on convoite tout de même ce que l'autre possède et l'on n'est prêt à tout pour l'obtenir qu'il s'agisse d'une valise de billets, de documents de la CIA ou autre. Hail, César est un film vif, intelligent, drôle, rythmé, écrit avec suffisamment de roublardise et d'ironie pour le placer dans le haut du panier des films des Coen.
The Revenant est un film rare, tourné avec les tripes, dans des décors splendides, avec une photo à tomber et des plans d'une sauvagerie sans nom, de la désormais fameuse scène de l'attaque de l'ours (un grizzly pour le coup) jusqu'aux nombreux combats au corps à corps. The Revenant, c'est la lutte de l'homme en milieu hostile: la faim, le froid, la maladie. C'est un monde où les cultures s'entrechoquent sur un continent soi-disant découvert: les blancs chassent, les indiens chassent et chacun chasse l'autre. Ici, tout n'est que proie: le bison, la femme, l'enfant. Et pourtant, on se perd parfois dans un film qui aurait gagner à rester plus viscéral. Et l'on bascule dans du sous Terrence Mallick avec des plans à la con de rêve shamanique de la femme perdue et du ciel et du vent et de l'eau, etc... Oui, mais voilà, tout ça n'est que prétexte à une chose, une seule et unique chose: porter Leonardo, enfin, vers son premier oscar. La performance est-elle à la hauteur? Di Caprio dérouille pendant 2h30, il s'investit, il se défonce physiquement parlant contre les éléments, il donne de sa personne. Après, les goûts et les couleurs... The Revenant est un vrai beau western (northern), un projet couillu et casse-gueule qui navigue entre le très bon et le moins bon, un film qui aurait pu être un chef d’œuvre avec une vision recentrée.