Si le grand Alan Moore vous manque, optez pour l'absinthe dans sa version générique avec ce très bel Aleister & Adolf. Acceptez l'initiation et plongez: les métaphores autour du jeu ont toujours caractérisé les conflits humains. Les dés sont jetés. L'effet domino. Ou toute référence sur un échiquier. Des cartes, des artefacts, des symboles. Avon Oeming aborde le cœur du XXème siècle et le second conflit mondial sous cet angle. Aleister Crowley, le grand mage occulte pour les uns, le charlatan avide de partouzes pour les autres, est recruté par les services secrets pour lutter contre Hitler et l'idéologie nazie, toute puissante derrière l'image de la svastika. La guerre ne se gagne pas que sur les champs de bataille. Elle se gagne dans les bureaux, avec de l'information et de la désinformation, de la propagande et de la manipulation. Et avec des symboles. En convoquant Patton, Ian Fleming ou Crowley, Avon Oeming tisse une toile géopolitique et occulte vaste, faisant s’enchevêtrer rituels païens et conspirations de barbouzes. Les logos et les images stigmatisant l'Homme des camps de concentration jusqu'à la société de consommation. Derrière le symbole, il reste l'organique, l'humain, toujours au centre, loin des divinités, lorsqu'il accepte de croire en sa propre magie et qu'il renonce à la peur de la mort. La lance du Christ n'est plus qu'un phallus. Et le V de la victoire, un symbole chargé par le sexe féminin. Aleister & Adolf est un roman graphique d'une beauté noire si l'on accepte la main tendue et le voyage initiatique. Sublime et subliminal.
dimanche 13 octobre 2019
Dracula par Mike Mignola
Delcourt a eu la riche idée de republier un titre tombé en rupture depuis belle lurette et à la merci des vampires d'Amazon ou d'Ebay, toujours assoiffés de spéculation. Le Dracula de Francis Ford Coppola et sa version baroque et décadente sous les traits noirs du maître Mignola. Un chef d’œuvre dans un chef d’œuvre, un diamant dans un écrin encore plus brillant. Stoker adapté par Coppola adapté par Mignola, c'est noir et rouge, une noirceur avec des éclats de furie pour dépeindre ce qui est et restera avant tout une histoire d'amour damné. Des Carpates à Londres, tout le récit n'est que prétexte à subjuguer sur papier l'immense travail de direction artistique du métrage de Coppola, dont le rôle titre et culte incombait à un Gary Oldman au sommet de sa carrière. Mignola, déjà grand défricheur des contes et légendes noires dans les aventures d'Hellboy, trouve ici un matériel on ne peut plus classique mais arrive tout de même à y insuffler une modernité décadente avec ses aplats de noir si particulier et ses contrastes si saisissants. De jais et de sang, le Nosferatu apparait et disparait, séduit et terrorise. D'une beauté noire et brute, Dracula est un immense comic-book. Un titre comme il y en a peu.
jeudi 10 octobre 2019
Rambo: Last Blood (CRITIQUE)
Oui je sais, j'ai été faible. Au milieu des Ad Astra, Joker et It2, il a fallu que j'aille voir le dernier Rambo. Un plaisir coupable. La nostalgie des films 80's, quand le scénario importait peu et qu'on misait tout sur le fun et la gicle. Du pop corn. Le problème du pop corn, c'est que ça colle parfois dans la gorge. Et que ça irrite. Comme Rambo: Last Blood. Sly fait du réchauffé depuis une dizaine d'années, soit en convoquant le plus de potes possibles (Expendables I, II, III) soit en botoxant ses deux grandes sagas, Rocky et Rambo, voir en tentant de les rajeunir (Creed). Il promet à chaque fois qu'il s'agit d'un dernier tour de piste pour rendre hommage à des personnages qu'il affectionne tout particulièrement. On parle maintenant d'une suite à Tango&Cash et d'une série tv sur Cobra. Bref, du neuf avec du vieux, des suites à n'en plus finir. Esprit 80's toujours donc. Si le précédent opus nous embarquait dans la violente jungle birmane pour un retour bien gore et sans pitié, celui-ci peine à démarrer. Stallone la joue western crépusculaire mais on est assez loin du Impitoyable de Clint. On verse dans la télé novelas de bas étage pendant 45 minutes avant que le film de Rambo qu'on était venu voir ne débute vraiment. Sly cabotine, on multiplie les hommages à la saga en passant étape par étape l'artillerie lourde du vétéran de Vietnam: couteau de boucher, arc, bataille dans des grottes, etc... La virée au Mexique et la baston finale sauvent le film sinon on était proche du DTV.
mercredi 2 octobre 2019
mardi 1 octobre 2019
Hellfest 2020
La bagarre a une date et une heure: la mise en vente des billets pour la XVème édition du Hellfest aura lieu le mercredi 9 octobre à partir de 12H. L'année dernière, le sold out avait été atteint en deux heures, rendant mécontents bon nombre d'habitués (problème technique, site à la ramasse, etc...).
... autre info, Live Nation annule le Download 2020 à Paris pour la seconde année consécutive. Raison invoquée: travaux sur le RER.
... autre info, Live Nation annule le Download 2020 à Paris pour la seconde année consécutive. Raison invoquée: travaux sur le RER.
jeudi 26 septembre 2019
vendredi 6 septembre 2019
Les Indes Fourbes, d'Ayroles et Guarnido
Faire se rencontrer les plumes de De Capes et de Crocs ou Garulfo et Blacksad était une évidence, un passage obligé tant les univers historiques ou artistiques semblaient proches à tout bon gourmet de bandes dessinées depuis 20 ans. Leur terrain d'entente? Le Siècle d'or espagnol, le roman picaresque et Quevedo. En donnant une suite au Buscón, roman initiatique faisant office de pierre angulaire du genre, Ayroles et Guarnido trouvent le terreau fertile aux aventures rocambolesques dont le premier est friand et le second l'illustre avec des visages théâtraux hyper expressifs, toujours exagérés et clichés comme une fable d'antan, comme un conte peuplé de héros et de minables, de nobles sots et de vagabonds au grand cœur. On obtient une épopée, classique instantané, blockbuster de la rentrée BD pour Delcourt, ça part dans tous les sens avec l'humour décapant et raffiné d'Ayroles, les références pleuvent. C'est drôle, pathétique, cruel, vivifiant. Guarnido étale son talent sur des planches magnifiques, des aquarelles archi-documentés, s'illustrant toujours autant dans le registre des pages ocres et sombres ou dans les clairs-obscurs. Les Indes Fourbes est une œuvre formidable qui rend la rentrée un peu moins amère.
dimanche 25 août 2019
Mon Motocultor 2019
L'édition 2019 restera dans les annales et dans nos anus: 4 jours, de la pluie, du froid, de la boue, une journée celtique avec un Merlin narrateur interminable et Henri Dès. On peut dire être finisher du Motocultor 2019 avec la même fierté que n'importe quel trail ou marathon. 4 jours et que retenir: que le métalleux, même s'il est souvent taxé de fermeture d'esprit, a su prendre son pied devant le concert joyeusement gogol d'Henri Death et a aussi chanté Africa de Toto pour chauffer les gars de Carpenter Brut dans les coulisses. Le Motocultor, des champs fauchés, des tentes et des barrières. Un festoche roots où tout part régulièrement en couilles: chiottes, bouffe, parking... mais qui a un capital sympathie immense. Un festoche pour les vrais dirait-on même si la journée celte et Alan Stivell et la présence d'Henri a largement hellfestisé le week-end avec moult famille, gosses ou curieux. Quatre jours de concerts et autant de nuits à dormir dans les bagnoles.
Corvux Corvax, Excalibur, Eluveitie, Mars Red Sky, Oak's Crown, Au-dessus, Iron Reagan, Death Angel, Kadavar, Hypocrisy, Gaahl's Wyrd, NOFX, Watain, Turbonegro, Shadyon, Cancer Bats, Gronibard, Fange, Krishun, Anaal Nathrakh, Solstafir, Dopethrone, Eyehategod, Marduk, At The Gates, Third Meridian, Get The Shot, Pensées Nocturnes, The Vintage Caravan, Ufomammut, Ihsahn, Avatar, Primordial, Carpenter Brut et pour finir Bloodbath.
Du stoner, du black, du death pour la plupart. Death Angel très en forme pour du thrash 80's brut de pomme, Hypocrisy monstrueux, NOFX terriblement bavard et sympathique, Turbonegro endiablé, Gronibard complètement débile et génial, Anaal Nathrakh entre deux averses qui retourne la Supo Stage, Solstafir moins inspiré qu'au Hellfest mais planant, Eyehategod énervé, Marduk encore plus énervé, temps de merde, enfer et damnation, Get the shot terrible réveil pour le dimanche matin, Pensées Nocturnes qui valide le bon goût des Acteurs de l'Ombre avec son cirque satanique, Ufommanut fat de chez fat, Ihsahn carré et surdoué, Avatar grosse découverte live du week-end devant un public d'initiés conquis d'avance, Primordial brutal, Carpenter Brut immense sans doute le meilleur du fest' et Bloodbath en guise de finish him devant des rangs dégarnis mais connaisseurs.
Et sur le chemin du retour, pèlerinage par Clisson pour visiter le site du Hellfest vide à la mi-août. Une drôle d'expérience au milieu des joggers et des promeneurs de chien. Je suis pas douché depuis quatre jours, comme jetlagué et je fredonne "I'm running free" à chaque jogger, ça en fait sourire certains. J'ai l'impression d'errer dans le Père Lachaise de la rouille et du gravier. J'arrive finalement chez moi rincé, près à enchaîner sur des travaux domestiques. Mais avant, je coche "participe" pour le Motocultor 2020 sur Facebook...
jeudi 8 août 2019
Tool - Fear Inocolum
Premier extrait studio, après les révélations live de Descending et Invincible, Fear Inocolum donne son nom à l'album à venir le 30 août. 10 minutes de crescendo multi-rythme, du Tool mais pas que. Incroyable et essentiel. L'album est en précommande ici ou là dans une version collector avoisinant les 80 euros avec écran HD de 10 pouces rechargeable par USB, contenu vidéo extra, 10 minutes de bonus et livret de 36 pages, le tout chapeauté par le M.Visuel du groupe, Adam Jones himself.
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