jeudi 14 mars 2019
mercredi 13 mars 2019
mercredi 13 février 2019
jeudi 7 février 2019
Glass de M. Night Shyamalan (CRITIQUE)
Il n'y a rien de meilleur que la jubilation par l’œil. Le Septième Art, et par extension la télé - lorsqu'elle est bien faite - a cette faculté de réjouir par l'image lorsque l'on accepte de plonger et de se faire berner par les mots et les effets. A la fin des années 90, Usual Suspects fait un carton et sa narration subtile au suspens incroyable provoque une nouvelle mode chez les scénaristes. Tout le script tend vers une incroyable révélation finale. La vague des Scream, Fight Club et Sixième Sens. De l’esbroufe et du virtuose. M. Night Shyamalan en fait sa marque de fabrique, il devient le réalisateur ''de fin" au gré d'une poignée de métrages tous aussi surprenants les uns que les autres: le déjà cité Sixième Sens, Le village, Signes, La jeune fille de l'eau... et Incassable. Il se perd ensuite dans une décennie de mauvais choix et devient un faiseur d'Hollywood.
Revenons à Incassable. A sa sortie, il a le gros défaut de venir après Sixième Sens et donc, d'y être comparé sous tous les angles. Même acteur principal, même ambiance brumeuse. Shyamalan fait le choix de réduire la voilure, à la façon du Tarantino de Jackie Brown, renonçant à la surenchère pour se centrer sur son récit. Grand bien lui fasse: Incassable est de toute beauté dans son explication mythologique des comics books et leurs degrés de lecture transposés au monde réel. Samuel L. Jackson trouve dans Elijah, l'homme aux os de verre, un rôle bouleversant, un méchant complexe et complet. Après les années d'errance artistique, Shyamalan signe un retour fracassant avec Split, thriller torturé estampillé Blumhouse, prod avec le vent en poupe (Get Out, Whiplash et toute une série de films d'horreur à succès). Split, c'est James McAvoy dans une performance hallucinante, celle d'incarner un être aux personnalités multiples, tantôt fragile, tantôt violent, tantôt manipulateur, homme ou femme. Du cinéma d'horreur psychologique, brut et contemporain, viscéral, filmé avec moins de retenue qu'Incassable, les studios ayant rendu Shyamalan plus démonstratif avec le temps. Et là, LA surprise du chef. Scène post-générique façon Marvel. Et le personnage de David Dunn, le personnage de Bruce Willis dans Incassable de réapparaitre. Coup de génie: Incassable et Split se situent dans le même univers. Une fausse suite quasiment 20 ans après. Forcément, on en redemande et un troisième chapitre est plus que nécessaire, une évidence.
Ce troisième chapitre, c'est donc Glass, qui voit s’affronter, physiquement et psychologiquement, les trois personnages entre eux, mais aussi contre une institution qui essaye de les analyser, de les catégoriser, de leur faire comprendre qu'ils ne sont pas des super-héros. Shyamalan reprend son analyse du mythe des super-pouvoirs, la mise en abyme se poursuit avec brio. Pris au piège, les personnages s'interrogent, doutent, cherchent à comprendre, Shyamalan les enferme pour mieux les observer, les faire muter. Glass est un chef d’œuvre. Son écriture, son rythme, son analyse des comic-books, l'interprétation, la musique, la photo. Tout est intelligent, maitrisé. La Jupiter de Shyamalan, orchestrée depuis vingt ans. Il va être difficile d'aller voir un Marvel derrière ça, de repartir sur du pop corn. Shyamalan convoque Alan Moore et Chris Claremont, égratigne le Nouvel Hollywood celui des suites et des franchises, tout en faisant lui même une suite et en donnant naissance à un potentiel univers étendu. Un jeu de miroir brisé.
Sleep au Hellfest
Il manquait deux groupes à la programmation de la Valley pour la prochaine édition du Hellfest. Et si le dimanche s'annonce épique en tête d'affiche (Tool, Slayer, Emperor, Phil Anselmo...), les choses viennent de se compliquer encore un peu plus puisque Sleep et High On Fire seront à Clisson en juin.
mercredi 6 février 2019
samedi 2 février 2019
vendredi 1 février 2019
jeudi 31 janvier 2019
jeudi 24 janvier 2019
Behemoth (+ Wolves in The Throne Room + At The Gates), 22 janvier 2019, Le Bataclan, Paris
Je n'ai aucun souci avec la foule, la promiscuité ou l'enfermement mais il y a des évènements qui ravivent ma spasmophilie au fer rouge. Le Bataclan. Là où des jumeaux de pop culture et d'esprit rock ont été abattus comme des chiens. Dur d'y aller. Des semaines que j'y pense. Depuis l'achat du billet en fait. A l'aveugle tant j'aime Behemoth, sans me soucier de la salle ou de la date. Des tours et des détours, je flâne, passe devant la salle, prétexte de la fil d'attente et d'une dent creuse et je m'échappe pour aller respirer. Et puis je me lance, réconforté par l'idée d'être au milieu de mes frères en noir, barbus, chevelus et tatoués.
Le temps d'une fouille légère (j'entends à ma droite un "vous avez quoi dans le sac? Rien, ok allez-y"... ) et j'entre dans l'antre. Déjà plongé dans le noir, le set de Wolves... a démarré à peine les portes ouvertes. Set court, puissant et brutal pour un fleuron du post-black que je voulais voir depuis un bail. Puis At The Gates, vétérans du death suédois, d'embraser le Bataclan, très réceptif aux hymnes dispensés par le quatuor. Tour de chauffe parfait.
Un voile noir masque la scène. Je suis rejoint par mon alter egoth pour la tête d'affiche. Behemoth. Pour la troisième fois en un an et demi. La première fois depuis le nouvel album, l'excellent I Loved You At Your Darkest. L'intro de Solve retentit. Et Nergal et sa bande de blaster tout ce qui bouge, alternant les nouveaux singles (God=Dog, Wolves Ov Siberia, Ecclesia Diabolica Catholica, Bartzabel) et les hymnes incontournables (Blow Your Trompet Gabriel, Chant For Eschaton 2000, Ora Pro Nubis Lucifer...). Behemoth est devenu une machine de guerre sur scène. Chant parfait, scénographie dark. Les deux géants, au propre comme au figuré, de la section rythmique, Seth et Inferno sont des bêtes et martèlent à tour de bras. Il n'y a qu'à des shows d'Emperor que je ressens autant de plaisir noir, c'est dire. Nergal y va de sa commémoration. Pour les artistes, un passage au Bataclan est devenu un pèlerinage mais aussi un défi à relever, la date qu'il faut honorer le mieux possible. A plus forte raison lorsque l'on est le fleuron d'une scène satanique anti religieux et fanatiques. Nergal d'hurler "Vive la Liberté!!!" et 1500 de lui répondre, avec des larmes dans les yeux et la chair de poule. Un seigneur de guerre du genre a comme gimmick de demander à ses fans "Is it good to be alive?" pendant ses concerts. Oui, c'était bon.
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